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Communiqués de presse

EXERCICE DE LUTTE ANTIPOLLUTION AU LARGE DE SETE

14/05/2015
EXERCICE DE LUTTE ANTIPOLLUTION AU LARGE DE SETE

Les 12 et 13 mai 2015, la préfecture maritime de la Méditerranée a organisé, en lien avec la préfecture de l'Hérault et la préfecture de zone de défense et de sécurité, un exercice majeur de lutte antipollution en mer, devant le port régional de Sète. Les participants étaient la marine nationale (hélicoptère Dauphin de service public, remorqueur d'intervention, d'assistance et de sauvetage affrété Abeille Flandre, bâtiment de soutien, d'assistance et de dépollution Ailette, patrouilleur de haute-mer Commandant Ducuing, vedette de gendarmerie maritime Hérault, sous la coordination du centre d'expertises pratiques de lutte antipollution), la douane (avion F406, hélicoptère EC135, vedette DF16), la gendarmerie nationale (hélicoptère Écureuil), l'agence européenne de sécurité maritime via le navire affrété Brezzamare, les compagnies de remorquage CHAMBON et JIFMAR et deux chalutiers sétois de l'armement SA-THO-AN.

Le scénario prévoyait la collision d'un pétrolier et d'un chimiquier à la sortie du port de Sète, occasionnant une pollution de grande envergure. Après l'envoi d'une équipe d'évaluation sur le principal navire endommagé, le préfet maritime a ordonné la mise en oeuvre des moyens d'assistance et de lutte antipollution précités. Les opérations ont permis de récupérer une part conséquente du polluant fictivement déversé en mer, simulé par une écorce de riz biodégradable. Le navire sinistré a fait l'objet d'une procédure "port refuge" à la demande de l'autorité compétente, le préfet maritime.

La Préfecture maritime de la Méditerranée organise régulièrement des exercices devant notre façade maritime, c’est-à-dire 2000 km de littoral, parce que les services de l'Etat ont besoin de tester régulièrement la réponse opérationnelle qu’il faut nécessairement apporter en urgence lorsque survient une pollution maritime majeure devant nos côtes. 
 
Le 13 mai 2015, c'est à la sortie du port de Sète que cet exercice a été organisé.
 
Malgré les progrès notables effectués ces dernières années dans le domaine de la sécurité des navires et dans la prévention des pollutions majeures, les risques demeurent. La mer reste un milieu dangereux et imprévisible. La France est un Etat doté de façades maritimes. Elle voit ses côtes exposées à un trafic maritime important répondant non seulement à nos propres besoins de consommation mais aussi à ceux de la maritimisation des économies et de la mondialisation des échanges.
 
L’accident n’arrive pas qu’aux autres. Il n’est pas imaginable en effet de présumer des risques sans se préparer à y faire face : près de 25 millions de tonnes de matières dangereuses ont été transportées dans le Canal de Corse en 2014 ; environ 10 millions ont transité dans les Bouches de Bonifacio sur la même période ; le volume de matières dangereuses ayant transité par le port de Sète en 2014 est de l’ordre de 1,5 million.
 
Il n’y a donc pas de risques à écarter mais des responsabilités à assumer. C’est en les assumant et en sachant traiter les risques que les services de l'Etat pourront être au point le moment venu. 
 
Faute de certitudes absolues sur l’absence de danger dans nos eaux et pour nos côtes, il est donc normal et essentiel de s’entraîner et d’envisager même l’improbable au nom de l’efficacité et de la responsabilité. 
 
Il import donc d'être prêts « ensemble » même si la prédiction d’une crise reste difficile à concevoir. Déterminés, organisés, bien entraînés, avec des moyens adaptés et variés, les acteurs de la lutte sont plus forts ! Il convient en effet d'être apte à agir ou à réagir vite, efficacement, sûrement, en confiance et en permanence. 
 
Après l’assistance à un navire en difficulté et à son équipage, la lutte contre une pollution maritime majeure a pour but de préserver le milieu marin et de protéger nos côtes. Elle impose un haut niveau d’exigence dans la réflexion stratégique, dans la préparation opérationnelle du personnel, dans l’expertise, et dans la maîtrise des capacités et des outils à déployer dans un milieu difficile,  contraignant, soumis aux vents et aux courants.
 
Voilà pourquoi le Préfet maritime a besoin de diversifier sa panoplie de modes d’actions pour lutter contre des pollutions survenant dans les eaux placées sous sa responsabilité, de nos côtes vers le grand large, avec des capacités de lutte côtières et hauturières.
 
C’est pourquoi des marins pêcheurs, véritables professionnels du ramassage en mer, sont formés à la lutte par petits fonds en complément de navires spécialisés et hauturiers guidés au large par les professionnels de la lutte antipollution du centre d'expertise pratique de lutte anitpollution de la marine.
 
Tous ces acteurs ont besoin de tester leurs muscles ensemble...
 
Un exercice ne doit pas apporter que des succès et permettre de tisser des liens. Il doit surtout fournir des enseignements. Le scénario voulu sur "POLMAR 2015" contenait une forte densité d’événements plus ou moins graves, plus ou moins inquiétants, plus ou moins saturants. Ils avaient aussi pour but de forcer la réflexion et l’analyse dans une situation d’urgence. Devant une pollution maritime majeure, une des conditions de l’efficacité, c’est la clarté. Il faut y pratiquer l’art du  discernement là où tout va vite, là où il y a du doute pour employer les bons moyens, au bon endroit, au bon moment. Pour cela, le Préfet maritime n'est pas seuls : il est éclairé par des experts du centre d’expertises pratiques de lutte antipollution de la marine. Ils interviennent sur tous les types de pollutions marines et fournissent du conseil du niveau stratégique jusqu’au niveau tactique le plus bas.
 
Pour cela, une remise en cause régulière est nécessaire...
 
La préfecture maritime de la Méditerranée doit rôder les organisations opérationnelles à la gestion de crise. Le Préfet maritime dispose pour cela du CROSS MED, pour la surveillance de la navigation et la coordination des opérations de recherche et de sauvetage, du centre des opérations de la marine à Toulon pour le contrôle opérationnel des moyens déployés, et du centre de traitement de crise pour la gestion globale de l’événement et la conception d’une stratégie générale de lutte. 
 
Il n’y a jamais de réussite facile dans la lutte antipollution. L’action de chacun y prend une importance particulière. Le facteur humain et le professionnalisme restent donc déterminants dans la marche générale des opérations de lutte.
 
La Préfecture maritime agit dans le cadre de plans et de partenariats : l’ORSEC maritime, le « Lyon plan », avec nos homologues espagnols, concours de l’agence européenne de sécurité maritime. Les plans existent. Les procédures sont écrites. Mais il faut les faire vivre. Il faut les éprouver dans des conditions réalistes. Et il faut surtout les améliorer. 
 
C’est aussi un objectif permanent.
 
Le Préfet maritime doit pouvoir se rendre rapidement compte de la situation par lui-même avec l’aide de ses propres moyens. 
La Préfecture maritime est en mesure de projeter 24h sur 24h par hélicoptère une équipe d’évaluation et d’intervention « pluridisciplinaire » pour évaluer une situation d’urgence, pour définir le mode de traitement de blessés (ce qui n’était pas le cas sur cet exercice), pour faire le point sur l’état des navires en cause, pour stopper éventuellement la dérive d’un bateau de commerce transportant des matières dangereuses, pour colmater une brèche et pour penser la bonne stratégie de lutte. 
 
Le centre de traitement de crise doit à cet effet se poser de nombreuses questions : Les conditions météorologiques sont-elles limitatives ? Peut-on confiner cette pollution ? Va-t-elle dériver dangereusement vers nos côtes ? Faut-il mettre en demeure un capitaine de navire et son armateur de faire cesser le danger ? Faut-il anticiper un éventuel impact sur le littoral ? Faut-il alléger le navire de sa cargaison dangereuse ? Employer des marins pêcheurs, professionnels du ramassage en mer, et formés au chalutage antipollution à proximité du littoral ? Peut-on employer des produits dispersants ? Ou sommes nous en mesure de récupérer mécaniquement, c’est-à-dire de pomper, le produit polluant ? Faut-il, enfin, activer la procédure port-refuge pour optimiser le traitement d’un navire en difficulté ?
 
Dans ce type d’opération, l’application d’une stratégie se décide en fonction de renseignements précis sur le ou les navires impliqués
et sinistrés. Il n’y a pas en effet de bonne stratégie qui vaille sans prise directe avec le « réel ». Il n’y a pas non plus de réussite opérationnelle sans un emploi judicieux et coordonné des moyens maritimes et aériens publics et privés et sans une bonne circulation de l’information au bon moment vers les bons interlocuteurs.  
 
Cet exercice a donc permis de renforcer la connaissance mutuelle des différents acteurs : douane, marine nationale, gendarmerie maritime, acteurs portuaires, services de l'Etat à terre, partenaires étrangers.
 
La préfecture maritime a l’obligation de tester tout ceci sur des scénarios crédibles, réalistes et forts. Le thème retenu pour cet exercice prévoyait une collision fictive entre deux navires à la sortie du port régional de Sète. Cette collision, consécutive à une avarie de barre à la sortie des passes, devait occasionner un besoin d’assistance à un navire en difficulté et son accueil dans un port refuge. L’accident devait aussi provoquer un déversement simulé d’hydrocarbures en mer. Ce déversement devait nécessiter un traitement opérationnel et des techniques de lutte spécifiques pour faire disparaître la cause de la pollution et ses effets sur le milieu maritime.  
 
Dans ce scénario, la préfecture maritime a souhaité jouer les temps réels de ralliement des moyens spécialisés tout en prenant appui sur les capacités locales d’intervention. Enfin, le préfet maritime a voulu limiter au strict nécessaire l’impact de cet exercice sur les activités portuaires. Parce qu'il en mesure à la fois l’importance et la nécessité.
 
Voilà le sens de POLMAR 2015 ; il s’agissait de ne pas se laisser surprendre par l’intensité et à l’ampleur d’un événement maritime, quelle que soit sa cause, pour en réduire au plus vite ses effets. Pour cela, il s’agissait d’être prêt à sauver des vies, prêt à préserver le milieu maritime, prêt à protéger nos côtes, prêt à travailler efficacement avec nos partenaires. Des animateurs ont mis l’organisation de gestion de crise et les moyens de lutte à l’épreuve des faits en situant l’intérêt général au-dessus de tout.  La préfecture maritime confirme ici, avec POLMAR 2015, son engagement déterminé dans cette voie responsable de la prévention et de l’anticipation d’une crise sur le front d’une préparation opérationnelle concrète à partir d’un scénario de crise adapté. 
 
Dans toute situation sous tension, il faut toujours bien considérer en effet l’importance du facteur humain et de son milieu d’intervention.